Tant mieux pour vous!! Vous risquez ainsi à n’avoir aucun mal à vous endormir ce soir!! Oui mais seulement s’il s’agit d’une « bonne » fatigue, celle du sportif acharné, du jardinier persévérant, des amants repus ou de celui ou celle qui, après avoir travaillé toute la journée, peut être fier de ce qu’il a accompli avec passion.

Dans le cas contraire, si vous vous dites fatiguée alors que physiquement rien ne pourrait le présager, c’est que vous souffrez d’une « mauvaise » fatigue, une fatigue dite « psychologique », qui, malheureusement, ne se soigne pas seulement avec une cure de sommeil.

A ce niveau-là, dire « je suis fatiguée » ou « je suis épuisée » traduit bien plus qu’un manque de repos ; il cache d’autres types de fatigue, qui sont autant de façons de transmettre un message à votre corps et à votre esprit :

– si vous vivez à un rythme effréné, courrez à droite, à gauche, si vous êtes débordée, seule à tout gérer, si vous vous occupez plus des autres que de vous-même ou que vous avez subi un choc, qui semble anéantir vos forces (décès, séparation, …), alors vous souffrez de fatigue réactionnelle. La solution : essayer de vous rapprocher de personnes qui pourraient vous soulager dans votre emploi du temps, même occasionnellement, pour pouvoir aussi consulter et essayer de comprendre pourquoi vous n’arrivez pas à vous remettre du choc subi ;

– si à la maison ou au travail, vous vivez une relation conflictuelle avec les gens qui vous entourent (conjoint, enfant, collègue…), ou une relation passionnelle dévorante qui peut générer parfois chez vous de la peur, de la colère, des doutes, …, vous vous sentez prisonnière de la situation car ne voyez aucune solution à votre mal être. Vous vous dites alors fatiguée et vous souffrez cette fois de fatigue émotionnelle. La solution : cesser de s’accuser de tous les maux, de culpabiliser parce que vous n’arrivez pas à trouver une solution aux problèmes des autres, et autopsiez les relations toxiques qui vous fatiguent (seule ou avec l’aide d’un psy) pour déterminer la responsabilité de chacun. Car NON ! tout n’est PAS de votre faute et NON ! vous ne pouvez pas tout résoudre toute seule!

– si vous avez tendance à imaginer le pire, à vous dévaloriser, à dramatiser, à ruminer vos échecs sans en tirer aucune leçon, si vous voyez tout en noir et que vous angoissez pour l’avenir, alors vous êtes aux prises de pensées toxiques et vous souffrez de fatigue mentale. Les origines de ces pensées négatives sont très souvent d’origine généalogique (quand on a des parents angoissés eux-mêmes ou surprotecteurs) ou post-traumatiques. Il convient alors de se faire aider pour en connaître les sources et apprendre à réagir quand elles surviennent (grâce aux TCC notamment). Par exemple, vous envoyez un message à votre chéri qui tarde à répondre. Vous pensez immédiatement : « il ne m’aime plus, il a mieux à faire que de m’écrire, de toutes façons je suis nulle ». Et si on pensait différemment : « il doit avoir beaucoup de travail, il ne capte peut-être pas… En attendant, on cesse de ruminer en s’occupant concrètement jusqu’à ce qu’enfin un message apparaisse ;

– si vous êtes submergée par les responsabilités, les décisions à prendre, la gestion du quotidien, que personne n’est là pour vous aider ou que vous ne vous autorisez pas à demander de l’aide de peur que les choses soient mal faites ou que votre côté perfectionniste vous pousse inéluctablement à tout contrôler, alors vous souffrez de fatigue décisionnelle et là, une seule solution : la délégation! Êtes-vous obligée de toujours tout faire seule? Faites confiance aux autres, confiez-leur des missions, donnez-leur plus de responsabilités. Par exemple : laissez gérer seule la mise en rayon de votre équipe, vous ne ferez que superviser et effectuer les ajustements si nécessaire ; à la maison, proclamez à votre moitié : « cet été, c’est toi qui organises les vacances! » et à vos enfants : « samedi soir, c’est vous qui cuisinez! ». Ce ne sera peut-être pas comme vous l’auriez imaginé, mais l’essentiel n’est-ce pas que vous ayez moins de choses à penser…

– si vous êtes toujours là en cas de besoin, prête à bondir pour aider les autres, prête à encaisser leur peine et à porter toutes les souffrances du monde sur vos épaules, au point de ne plus avoir de temps pour vous et d’en être épuisée, alors vous souffrez de fatigue compassionnelle. Tout est question de dosage : cessez d’être dévouée corps et âme et corvéable à merci, surtout au détriment de votre santé. Continuez de faire preuve d’altruisme, d’empathie et d’écoute, mais ne vous oubliez pas pour autant. Réservez-vous du temps pour prendre aussi soin de vous.
– si vous n’avez plus le goût à rien, que vous semblez avoir raté votre vie et que vous ne voyez pas comment en changer, tant la tâche vous semble difficile, car vous avez passé votre vie à obéir aux désirs et aux exigences des autres au lieu de vous écouter réellement, si vous avez un sentiment d’inachevé dans votre existence et qu’en même temps votre vision de l’avenir est plutôt pessimiste, alors vous souffrez de fatigue existentielle, qui présente souvent les mêmes symptômes que la dépression. Que ce soit au travail, pour la famille, les amis, dans votre couple, vous vous sentez frustrée, vous trouvez tellement injuste de devoir toujours tant donner pour si peu recevoir. La première chose à faire c’est d’essayer de comprendre comment vous en êtes arrivée là. Pourquoi en êtes-vous arrivée à vous oublier à ce point, à vous éloigner autant de vos rêves, de toutes ces choses qui vous tenaient tant à coeur? Qu’est-ce qui, autrefois, vous semblait si merveilleux dans votre vie et ne vous enchante plus aujourd’hui? Qu’est-ce qui vous empêche de vous épanouir? Et vous? Que pourriez-vous faire concrètement pour rendre votre vie plus belle? Il est parfois difficile de tout remettre en question, car le problème est parfois plus profond et ne peut être abordé que dans le cas d’une thérapie.

Quelle qu’elle soit, si vous souffrez de « mauvaise » fatigue, il faut réagir avant que votre corps et votre esprit ne réagissent pour vous et vous empêche un beau matin de mettre un pied hors du lit tant vos forces seront anéanties.

Prenez le temps de réfléchir à ce que vous pourriez modifier dans votre vie, ne restez pas seul, privilégiez bien sûr les rencontres qui vous font du bien, passez du temps avec ceux que vous aimez et qui vous aiment et faites-vous aider! Même occasionnellement, pouvoir vous décharger, vous livrer à quelqu’un qui n’est là rien que pour vous, sans jugement, sans a priori, vous délestera de cette charge mentale et émotionnelle qui vous fatigue tant au quotidien.


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