« Là se trouve l’avantage de ne pas avoir beaucoup d’argent : on apprend à mener une vie intéressante sans nourrir des besoins incessants. C’est seulement quand on commence à gagner beaucoup que l’on se retrouve convaincu de la nécessité de se procurer des choses auxquelles on ne pensait même pas auparavant, et une fois qu’on les a obtenues, on se met à convoiter ce que l’on a pas encore ; une insatisfaction permanente s’ensuit, tandis que l’on se découvre prisonnier du désir d’acquérir toujours plus, de sacrifier à cette pulsion consumériste que l’on sait, dans les moments de lucidité, uniquement destinée à colmater les fissures de son existence. Et ensuite, on essaie de se raconter que cette avalanche de biens matériels finira par étouffer le doute et la mélancolie à l’oeuvre dans toute vie humaine.
L’argent : la drogue la plus trompeuse qui soit, car elle nous donne l’illusion de pouvoir contrôler notre destin. Un vrai mensonge. »
« Quitter le monde », Douglas Kennedy.

Catégories : argentextrait

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *